MOTION POUR LA RECONNAISSANCE DE LA JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE le 27 MAI
 
Le comité départemental de l’ANACR de la Haute-Vienne, réuni en congrès à Nantiat le 1er juillet 2012 réaffirme sa volonté de voir reconnaitre officiellement et nationalement le 27 Mai comme        JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE.
Cette volonté réitérée obéit à la nécessité de voir reconnus, l’engagement, les combats, les souffrances, et parfois la torture, la déportation et la mort de nombre de Résistants qui ont participé à la libération de la France occupée par les nazis, et au rétablissement  de la République abolie par le régime de Pétain.
Le 27 mai 1943, la création du Conseil National de la Résistance sous la direction de Jean-Moulin, répondait à ces deux objectifs : tout mettre en œuvre pour  libérer la France et tout mettre en œuvre pour rétablir la République. En rassemblant et unifiant toutes les organisations, mouvements, réseaux, partis politiques et syndicats le CNR donna la légitimité à la Résistance représentée par le Général de Gaulle, aussi bien à l’intérieur, qu’à l’extérieur.
Cet acte fondateur du 27 mai 1943, allait conduire à la rédaction du Programme du CNR, adopté à l’unanimité en mars 1944. Les valeurs qui l’initièrent, celles que le régime de Pétain avait bafouées, constituaient le socle commun à tous les Résistants : l’humanisme, la démocratie, la solidarité entre tous, et  l’intérêt général primant les intérêts particuliers. Elles ont inspiré les institutions politiques, économiques et sociales de la France libérée et constituent, malgré leur remise en cause successives depuis plusieurs décennies, le fondement de notre protection sociale et de notre pacte républicain.
Le 27 mai est une date capitale de la Résistance, et la Résistance, une époque capitale de notre histoire. C’est pourquoi, nous voulons que la Journée Nationale de la Résistance soit officiellement reconnue. Elle l’est parfois, et dans le Limousin, souvent, aux niveaux locaux, départementaux et régionaux, et le Président de la République lui-même, l’avait reconnue dans son département. Mais nous voulons une reconnaissance nationale.
Il ne s’agit pas d’ajouter une journée chômée à notre calendrier mémoriel, il s’agit de faire connaitre par tout moyen, la spécificité de cette période que les programmes scolaires abordent peu. L’Education Nationale peut être un relai efficace pour les plus jeunes. Pour tous, les moyens audio-visuels, les musées, les médias, pourraient apporter leur contribution à cette sensibilisation.
L’ANACR est prête à prendre part à la transmission de cette mémoire, c’est le cœur de sa mission. Il s’agit d’une mémoire citoyenne, pluraliste qui s’appuie sur la connaissance de l’histoire de la Résistance.
A l’heure où les acteurs de cette période disparaissent, à l’heure où les héritiers des idées pétainistes et anti-Résistance progressent dangereusement, la reconnaissance de la Journée Nationale de la Résistance, serait un acte fort, qui montrerait et démontrerait la volonté des représentants et des élus  de la République, de voir reconnue et entretenue la mémoire collective de la Résistance.

 
                             MOTION POUR LA LUTTE CONTRE L’EXTREME-DROITE
 
Le comité ANACR de la Haute-Vienne réuni en congrès à Nantiat le 1er juillet 2012, tient à exprimer solennellement l’impérieuse  nécessité de  combattre, et faire combattre  l’extrême  droite.
La montée des idées d’extrême droite en France est attestée par les résultats obtenus lors des votes de ces derniers mois. Le Front National atteint près de  18% à la présidentielle et ses idées recueillent l’adhésion de 37% des citoyens de ce pays. Cette progression doit être replacée dans le contexte européen qui voit des mouvements néofasciste, revendiqués ou non, s’installer et progresser partout dangereusement. C’est le cas en Autriche en Hongrie, aux Pays-Bas, en Suède et au Danemark. En Italie , la petite fille de Mussolini, amie des Le Pen, défend l’héritage politique de son grand père. En Grèce, un partisan du mouvement « Aube dorée » fait le coup de poing contre un adversaire politique devant les caméras.
En France, à Tours, même si elle refute l’appellation extrême droite, c’est bien d’elle qu’il s’agit. »Vox populi » se réfère aux » valeurs comme la famille, le travail, l’amour de la patrie », formule chère à Pétain, qui a aboli la République et sa devise : Liberté-Egalité-Fraternité.
En Alsace, c’est une formation régionaliste identitaire d’extrême droite »Alsace d’abord » qui initie des manifestations xénophobes sur le terrain de la religion.
Lyon, centre de négationnisme par la voix des Faurisson, Gollnish et consorts, est un centre régional très actif pour l’extrême droite, comme celle de  l’organisation « Rebeyne ». « Lyon dissident » quant à lui, est connu pour ses affinités néonazis, il organise des concerts avec des  groupes de rock néonazis de la mouvance RAC (Rock again communist) Certains de ses membres et sympathisants sont impliqués dans des agressions.
Limoges, ce printemps, a été le théâtre d’agression par des membres  ou sympathisant d’extrême droite, à l’encontre du propriétaire d’un câfé  connu du quartier historique.
Ces menées de l’extrême droite doivent non seulement être dénoncées, mais aussi réprimées. Qu’en est-il de journalistes qui se font le relai des idées extrémistes, par la voix de Robert Ménard dans un pamphlet intitulé « Vive Le Pen » ? ou par la voix de Zemmour qui, à la télé, prône le racisme et les discriminations ? Que dire des responsables de presse ou de chaines de télé qui ne sanctionnent aucunement ces propos délictueux. Car il s’agit bien de délits, réprimés par la loi et lors du procès Zemmour, la procureur de la République a appelé à la responsabilisation des hommes politiques et des médias.
Dans le Vaucluse, qui a élu deux députés d’extrême droite, la ville de Bollène a vu la cérémonie de ce 18 juin perturbée, et l’envoi de la police par le maire. Les Résistants, leurs associations, leurs amis ont entonné comme d’habitude le Chant des Partisans, après invectives et insultes, le maire a envoyé la police pour empêcher de chanter ce chant, qualifié de « chant communiste »
L’histoire nous a appris comment ça a commencé, et aussi comment ça a fini.
Dans le contexte de crise économique, sociale, politique, culturelle et morale que nous vivons, nous en appelons aux représentants et aux élus  de la République, pour que soit bien marquée la frontière infranchissable qui doit exister entre les idées démocratiques, qu’elles soient de gauche, du centre ou de droite, et les idéologies liberticides avec lesquelles aucune compromission n’est acceptable. Elles vont à l’encontre des valeurs humanistes, démocratiques, patriotiques et universalistes de la Révolution française, qui furent celles de la Résistance. 


LES DECORES
 
Les décorés au congrès de Nantiat, 1er juillet 2012


De gauche à droite : André VERGNAUD; Herbé LABETOULLE; Gilbert GANDOIS